Dieu un berger ?

Dieu un berger ?

Jésus est la porte de la foi. Jean 10

Le chapitre 10 de l’évangile de Jean contient deux petites paraboles et leur commentaire au sujet de Jésus qui se compare au berger prenant soin de son troupeau.

1 – Il existe deux types de bergers :

Jésus s’adresse aux chefs religieux. Ces hommes n’ont pas reconnu Jésus, qui leur reproche de ne pas avoir guidé correctement le troupeau qui leur était confié. Ils représentent ceux qui prétendent parler au nom de Dieu, mais font un mauvais usage de leurs prérogatives. Ils sont dans l’abus de pouvoir et l’abus de confiance. On appellerait cela aujourd’hui l’abus spirituel.

Jésus compare ces mauvais bergers à des mercenaires. Le voleur est rusé, le bandit est violent. Les verbes employés sont clairs : égorger, faire périr, abandonner, s’enfuir. Pour ces bergers, les brebis ne comptent pas.

Jésus met en parallèle les attributs du bon berger. Il va au bout de son engagement pour ceux qui lui sont confiés. Il n’est pas dans le calcul. Jésus insiste sur la voix du berger qui suscite la confiance des brebis. Elles ont toutes un nom. Il y a un lien personnel fort. Le berger marche devant, conduit et ouvre un chemin.

Le titre de pasteur ou de berger, est employé très fréquemment dans les écritures, non seulement attribué aux chefs religieux, mais aussi à Dieu. Jésus dévoile son identité et le sens de sa mission. Il nous montre que, l’amour du Père, qu’il est venu révéler, se dévoile dans l’amour, pour toutes ses brebis. Ce sont les disciples, ceux qui l’écoutent, et croient en lui. Le mot « pour » revient dans le texte, décrit l’engagement de Jésus pour les siens, et renvoie à sa vie donnée pour les siens, afin qu’ils aient la vie.

2 – Jésus se révèle :

La parole semble être ici l’outil de travail principal du berger. Il guide et conduit par la voix, il rassure. Son attitude et surtout sa Parole suscitent la confiance, autrement dit, la foi en lui. A l’époque, le troupeau appartenait à différents propriétaires. Le soir, les brebis étaient rassemblées dans un enclos. Le matin, chaque berger regroupait ses brebis en se faisant reconnaître par la voix, et en les appelant chacune par son nom.

Dans la bouche de Jésus, l’expression « moi je suis » évoque l’identité de Dieu, et nous rappelle l’épisode du buisson ardent. Jésus donne sens à sa mission. S’il s’identifie à Dieu, pasteur d’Israël, c’est en pleine connaissance. Jésus est l’accès à Dieu, comme une porte permet d’aller d’une pièce à l’autre. Elle représente aussi les écritures, qui ouvrent l’accès à la foi. Elles sont le passage pour accéder au pâturage, la terre promise, le paradis retrouvé. Mais pour y aller, les brebis ont besoin d’un guide. Jésus est cet accès qui conduit à Dieu.

Il est la porte qui donne l’accès au fond de notre être. Il donne sens aux écritures et nous introduit au monde de la foi. Je peux donc, avec le Christ, me comprendre moi-même, et comprendre aussi le sens ultime de ma vie.

Avec Jésus, je découvre qui je suis. Comprendre qui est le Christ, ce qu’il dit de Dieu, c’est comprendre aussi le sens ultime de ma vie. Nous touchons, un des points tragiques de l’existence de nos contemporains, où l’homme ne sait pas qui il est, ni quel est le but de son existence.

Jésus se dévoile bon, juste et vrai. En risquant sa vie, il s’en prend à ce qui menace les brebis. Ce sont les épreuves de la vie. La pire épreuve pour l’être humain, c’est le mépris de soi. L’amour du berger vient compenser le manque d’amour pour soi. On peut se rejeter, se condamner. On devient alors froid et dur. Celui qui ne s’aime pas, ne peut aimer son prochain.

3 – La foi, porte d’accès au salut :

Jésus accomplit les écritures. Voilà peut-être ce qui est le plus scandaleux pour ses détracteurs. Il se définit comme passage vers le salut, s’identifiant à la Torah. Jésus est porte, lumière, vie, chemin, pain vivant. Comme Moïse a fait sortir d’Égypte le peuple pour le conduire en terre promise, Jésus fait sortir d’une forme de religion. Il se présente comme la porte, l’accès au salut.

Derrière l’image champêtre de la parabole, on sent la dimension provocante des mots du Christ. Pour nous, passer la porte, c’est vivre avec le Christ. La foi est un don, une relation vivante. Les mots pour évoquer les qualités du pasteur, décrivent la relation que le Seigneur désire avoir avec nous.

Enfin Jésus veut nous présenter celui qui appelle son Père et nous conduire à lui. Connaître Jésus et le Père, c’est entrer dans ce lien d’amour qui les lies. Ce lien se révèle dans l’amour que Jésus porte à ses brebis pour lesquelles il donne sa vie, nous l’appelons la grâce. Le propre du bon pasteur est de donner, celui du mauvais pasteur est de prendre.